26/02/2017

Intimité

Vous l'avez aimé.
Si ce n’était pas le cas, vous n'auriez pas tant souffert.
Mais puisque vous n’êtes qu’un être humain avec des émotions variables, vous pourriez avoir tendance à l’aimer de toutes les mauvaises façons.
Une relation saine et heureuse peut se transformer en une relation destructrice si vous la traitez moins bien que la façon dont elle mérite d’être traitée.
Néanmoins, je suppose que vous avez essayé de l’aimer de la bonne manière et que vous y avez mis chaque lueur de conscience dans votre amour pour lui.
Cet état de conscience est ce qui permet à une relation de rester forte.

Je veux que vous vous souveniez de son apparence quand vous l’avez vu pour la première fois.
Représentait-il tout ce que vous désiriez?
Qu’il s’agisse de sa beauté, sa nature, son sens de l’humour ou son indépendance: il y a quelque chose chez lui que vous n’aviez pas trouvé chez quelqu'un d’autre ?
S'il vous a aimé, il vous gardera au plus profond de sa mémoire. Il vous gardera belle, il vous gardera sauvage, il vous gardera complète.
Même maîtresse de votre propre destin, pensez-vous avoir tenu une place importante dans sa vie?
La façon dont on nous traite détermine souvent comment nous nous voyons. Nous pouvons briller ou au contraire nous éteindre.
Dans cette relation d'amour, vous étiez une statue dans ses mains et vous espériez seulement qu’il la manipule avec soin, je me trompe ?
Vous ne vous saviez pas si fragile, Elisabeth mais nous sommes tous sujets à cette fragilité.
L'amour peut détruire, vous avez raison.
Vous aviez déjà été détruite avant et une autre destruction n’était pas ce que vous recherchiez.
Avec lui vous aviez dépassé vos peurs, c'est important dans la vie d'une femme.
Vous aviez surmonté la souffrance d'un assez lourd passé et décidé de donner une autre chance à l’amour.
Et vous lui aviez confié la santé de cette relation et de votre cœur, le regrettez-vous ?

Au moment où vous pensiez le connaître, tout c'est effondré.
Vous pensiez encore avoir des choses à découvrir chez lui, vous viviez tous les jours comme si vous le rencontriez pour la première fois et c'est aussi pour ça que votre relation était si passionnelle et que votre intimité était débordante et captivante.
C'est aussi, sans doute, à cause de ça, que cette pseudo statue s'est brisée.


Il y a quelques semaines encore, vous ne parveniez pas à me parler de ce grand amour, je vous avais donc demandé de m'écrire quelques mots pour m'en parler quand vous seriez prête à le faire.
J'ai lu attentivement votre mail et ces quelques textes que vous avez eu la gentillesse de me transmettre.
Très émouvant...


... Je voulais qu'il soit présent. Rien ne détruit plus que l'absence émotionnelle, que l'absence cérébrale.
On pouvait être assis côte à côte toute la journée et ne pas être vraiment là, mais il aurait pu être très loin et être totalement présent.
Il stimulait mes pensées, mes émotions, tout mon être. Je plongeais dans son âme comme si je plongeais dans l'océan.
J'espère qu'il ne m'a jamais aimée seulement quand la solitude s’emparait de lui car moi je cherchais son amour à chaque instant, pas seulement quand je me sentais rattrapée par mes peurs ou mes incertitudes.
Ses propres souffrances ont détruit une partie de lui, enfin je crois. Et je ne l’aimais pas juste pour qu’il puisse mieux transporter ses bagages émotionnels.
J'aurais souhaité l'aider, qu'on avance ensemble mais il n'a jamais voulu, compris ni même me laissé assez de temps.
Je croyais que son amour et son existence guériraient chaque partie de nous. Je suis trop fleur bleue, vous vous en êtes déjà rendu compte !
A mon sens, seules des actions motivées par l’amour, la compréhension et la patience, importaient.
Et puis je me dis "... s'il m'aimait, avec mes défauts et mes incertitudes, il serait resté."
Il n'a pas souhaité partager ma vie alors que je déshabillais mon âme face à lui.
Il m'a rendue folle, sauvage et libre.

Peut-on parler d'effort ? Je crois qu'il n'aimerait pas le terme. Je crois que je ne l'aime pas non plus. Mais quel que soit l’effort qu'il aurait fait, je sais que j'en aurais fait le double.
Il n'a rien voulu de moi (et de nous !!, ça vous le savez)tandis qu'il ne m'a jamais donné d'exemples concrets.

Voilà Dr., je crois que je l'aimais pour de vrai.
Oui, il m'a détruite mais j'avance, pas vrai ?



Oui Elisabeth, et vous verrez, demain, la vie qui vous attend.
Elle vous tend déjà les bras.




2 commentaires:

  1. C'est très saisissant, ce texte... Et si plein de profondeur...

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  2. C'est possible.
    C'est moi, en tout cas.
    C'est difficile de se confier ainsi, de s'ouvrir face à un "inconnu".
    D'autant plus à un homme même s'il n'est pas là pour juger les failles de ma vie, la femme que je suis.
    C'est bien plus facile de l'écrire pour vous: vos regards ne sont pas posés sur moi. Ils ne voient pas les yeux plein de larmes, le corps qui se penche, les mains entrelacés dans les mouchoirs,...

    Je me remets peu à peu. Disons que j'ai accepté la réalité.
    L'aimer encore reste le plus dur.
    Tu vois, elle est là, elle était là, la profondeur.

    Bisou à toi

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