Parenthèse enchantée





08/04 - 15h40 Le golf de Saint Aygulf.

Voilà où je viens d'arriver. Le vent souffle sa race.
Parenthèse enchantée ou retrouvailles avec des vieilles copines de Fréjus.
Je me pose, déballe ma valise.
A 18h massage au SPA. Je le sens bien lui :)
Sylvie m'a invitée. Elle m'avait appelée en janvier pour me souhaiter la bonne année.
On s'est raconté nos vies pendant plus d'une heure au  téléphone.
Je me souviens, mon sourire béat.
Le sourire n'est plus le même.
Ça faisait un bail ! Janvier 2013 ? Oui, un bail. En fait depuis que Sébastien et moi nous sommes séparés. La vie en a voulu ainsi... mais j'en garde un bon souvenir. Un mec avec beaucoup de charisme en fait.

Mais ce week-end c'est parenthèse enchantée, histoire de changer d'air, d'horizons, de voir de nouvelles têtes.

19h25 Massage au top du top ! Une douche, vite ! Mon nouveau Jeans et mes talons hauts ! Les Mojitos nous attendent déjà sous la véranda:))

... à suivre


-09/04 - 13h02 Qui a allumé la lumière ?

En fait je n'ai pas tiré les rideaux avant de me coucher. Mais il fallait bien que je me lève.
Cette soirée était juste magique. Féerique même.
Et vous savez quoi ? Au milieu de tous ces gens, une trentaine peut-être, parfois plus par moment, je ne me suis pas sentie seule.
Ça faisait si longtemps que je n'avais pas vécu une telle sensation, une telle envie de partage.
On a ri, bu, mangé, écouter de la musique, danser et même lancer des ballons lumineux dans le ciel !
Je vous l'ai dit, fé-e-rique :)
Je n'avais jamais fait ça ici, juste au Portugal pour la Saint-Jean quand j'y vivais (tradition oblige).
En l'espace d'un instant je m'y suis crue, vue. Seul le bruit des vagues n'était pas le même.

Je n'ai pas pris de photo. Aucune photo n'aurait pu transmettre l'émotion du moment. J'avais l'impression d'être une gosse.
Voilà. Une gosse avec des étoiles plein les yeux. Innocence retrouvée. Le coeur léger.

L'alcool m'a aidé à me détendre. Bien que là, au réveil je sois un peu tendue de l'hémisphère gauche :)
Pas grave. C'était une belle soirée. Cet après'm c'est ballade. Je suis le mouvement. Mais d'abord on va bruncher. D'ailleurs, il faut que je file.


.10/04 - 10h36 Je me suis levée tôt. Je crois même ne pas avoir dormi.
Les nouvelles vont vite. Hier soir Séb était de la partie... Comme par hasard !! Bon ok il est rentré de Paris pour les vacances, pour voir sa fille.
Je vous avais dit quoi ? Qu'il a beaucoup de charisme ? C'est plus que ça en fait.
Il a vieilli, il a bien vieilli même (bien au sens propre du terme).
Le beau brun n'est plus de la partie. Ses cheveux et sa barbe sont poivre et sel. Et ses nouvelles lunettes lui donnent un charme fou.
J'aurais presque envie de dire, il est ... divin.
Mais en fait je dirai qu'il a été un autre rayon de soleil dans cette parenthèse enchantée.
Un peu comme les ballons de lumière de la veille, instant magique qui ressemblait à ça:

















Mes yeux pétillent encore ! Est-ce dû au champagne ? Aux lueurs de cette dernière nuit ?


J'ai gardé mes distances toute la soirée. Je me suis arrangée pour le fuir assez longtemps. Assez souvent.
Contrairement à la veille, mon coeur était plus sombre. Les gens étaient heureux, c'est vrai. Ils me donnaient le sourire mais ces quelques instants passés dans cette chambre magnifique me rappelaient que j'étais archi-SEULE, face à moi-même, avec un vague à l'âme grandissant; et puis mon petit me manquait.
(...) Je me doutais bien que l'heure viendrait, qu'on finirait par se croiser.
En fait, Sylvie ne l'avait pas informé de ma venue et franchement, elle a bien fait.
Il jouait au gentil garçon, à servir du champagne à tout le monde, tout sourire.
Je le regarde à travers la baie vitrée alors que je fume une clope dans le jardin, flûte de champagne à la main.

Le champagne... Soudain je me souviens du 31/12/2012...
Qu'est-ce qu'on en avait bu ! Pour fêter le réveillon, certes et sans doute aussi pour enterrer notre rupture au lendemain. C'était le convenu.
Ces derniers instants avaient été d'autant plus intenses.

Je fumais ma clope donc ! repensais à notre rupture puis à la malheureuse dernière avec Olivier. (Mais lui on l'oublie là.)
Et si Séb n'était pas parti travailler sur Paris, serait-on encore ensemble ?
Mon sang ne fait qu'un tour.
Ça marchait bien entre nous, toujours sur la même longueur d'ondes d'ailleurs.
Re-bref, ma flûte est vide, des filles me rejoignent dans le jardin suivies... de Séb.



Face-à-face palpitant. Ses yeux verts transpercent tout mon corps.
... Réciprocité à perte de vue.



- Vous ici mademoiselle ?- me dit-il.
(...)
On échange quelques mots, avec une certaine retenue. Il me demande si Martin est là, s'il va bien.
Palpitations cardiaques. Je réponds. Je flanche. Je rentre.

Je le retrouve une heure plus tard, assis à deux tables de moi avec un tas de mecs, entrain de me fixer.
Je le fixe. Il me sourit.
Palpitations. Voit-il ce que mes yeux lui disent ?
Je scrute. (Est-il venu seul ?)
C'est drôle, j'ai l'impression qu'il le fait aussi à moins que mon imagination ne me joue des tours !
Il m'invite à danser, m'offre encore une coupette de champagne. Derrière ses lunettes, il me DÉFIE.
Je joue le jeu, j'adore ce pouvoir d'attraction qui s'en dégage, le pouvoir que j'ai sur lui, le pouvoir qu'il a sur moi.Mon Dieu, ma tête tourne, j'ai les mains glacées et je perds pieds.


Il devait être 2h quand j'ai regagné ma chambre, un peu sonnée et seule.
J'ai quitté mes talons, ma robe et pris une douche.
J'ouvre la baie vitrée, j'entends le bruit des vagues et de la musique, au loin.
Prête à allumer une clope, quelqu'un frappe à ma porte.
C'était Séb et je ne m'étais même pas démaquillée... Non ce n'est pas un détail ;)


- On fume une dernière clope avant d'aller se coucher, comme avant ? me demande-t-il.


Nostalgie quand tu me prends. Tu me prends si fort.
Oui, prends-moi encore comme avant  - me dis-je.
Alcool. Déraison. Nostalgie (mais pourquoi es-tu parti t'installer à Paris ?)

Non, j'avais juste envie de lui.
Autant qu'il avait envie de moi.
L'envie de retrouver la page que la vie avait jadis déchirée sous nos yeux.


Dans une étreinte, je retrouve toute sa folie, oubliée.
Il me susurre nos mots d'avant dans le creux de l'oreille.
Il n'a rien oublié. Je fonds.
Je le capture tendrement et le dévore.
Nous nous sommes aimés sur cette page déchirée.

Il m'a parlé tout le restant de la nuit.
Et dans ses bras j'ai pleuré.



Il est bientôt midi. L'heure de libérer la chambre.

Dernier coup d'oeil.
Nos draps sont enroulés dans un coin de la chambre.
J'ai rien oublié.
Rien oublié de ce que nous avons, un jour, été.





Parenthèse enchantée.

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